12/12/2020 - 04/07/2021 // OUVERTURE DIFFÉRÉE

GIORGIO MORANDI LA COLLECTION MAGNANI-ROCCA

MUSÉE DE GRENOBLE

Le musée de Grenoble présente cet hiver une exposition consacrée au grand peintre – et graveur – italien Giorgio Morandi (1890-1964). Connu avant tout pour ses natures mortes dépouillées et énigmatiques, pour son attachement viscéral à sa ville natale, Bologne, et pour sa vie monacale entièrement dédiée à l’exercice de son art, Morandi s’est imposé ces dernières décennies comme un artiste majeur du XXe siècle. C’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs, Luigi Magnani, que cette exposition se propose d’aborder l’univers du maître bolonais. Grâce au prêt généreux consenti par la Fondation Magnani-Rocca de 50 oeuvres de l’artiste, complété par celles conservées dans les musées français, le parcours se veut avant tout une introduction intimiste à l’univers de Morandi.



Dans cet ensemble on relève notamment une rare Nature morte métaphysique de 1918. Morandi, entre 1918 et 1920, en a peint une douzaine à peine, avant de se tourner vers d’autres horizons. Néanmoins, cette courte période durant laquelle il emprunte à Giorgio de Chirico et Carlo Carrà le vocabulaire de la Metafisica fut déterminante dans la conception de son style et la conceptualisation de sa recherche. Même si ensuite, l’influence de Cézanne et la méditation sur les modèles de Giotto et de Piero della Francesca furent des références constantes, l’épisode métaphysique demeure fondateur et éclairant.



À l’instar de ce tableau, on trouve aussi d’autres raretés, comme la fameuse Nature morte aux instruments de musique de 1941, unique peinture dont le sujet lui fut imposé, ce qui n’alla pas sans susciter un quiproquo avec le commanditaire, Luigi Magnani, mais contribua finalement à sceller leur amitié. Ou encore la présence de l’un de ses cinq autoportraits, tous réalisés entre 1924 et 1930 et seules tentatives du peintre dans ce genre. On remarque également, en dehors d’une très belle sélection de natures mortes qui permet de suivre au fil des décennies la complexité de sa réflexion sur ce thème, quelques paysages étonnants, dont le célèbre Cortile di via Fondazza, où habitait l’artiste avec sa mère et ses trois soeurs et qu’il s’est plu à peindre régulièrement, de même que des vues de Grizzana, dans les Apennins, où il passait ses vacances d’été.



Un nombre important d’eaux fortes, complété de quelques dessins et de merveilleuses aquarelles, illustre enfin l’oeuvre graphique et montre plus particulièrement combien Morandi fut un maître de la gravure, un art qu’il enseigna au demeurant durant plusieurs décennies à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne.

Herbert List, Le peintre italien Giorgio Morandi dans son atelier
Nature morte métaphysique
Autoportrait
Fleurs
Cour de la rue Fondazza
Nature morte
Nature morte
Paysage
DOCUMENTATIONS
Informations pratiques
MUSÉE DE GRENOBLE
5, place de Lavalette - 38 000 Grenoble
Tel. : 04 76 63 44 11

Tous les jours sauf le mardi, de 10h00 à 18h30

www.museedegrenoble.fr
CONTACT
Caroline Vaisson 
caroline@claudinecolin.com