17 Févr. 2023
14 Mai 2023

EXPOSÉ·ES

PALAIS DE TOKYO - PARIS

"Exposé·es : des personnes n’ont pas choisi d’être exposées à un virus, une maladie,
une épidémie.
Exposé·es : des personnes ont choisi de s’exposer pour rendre visible ce virus, cette maladie,
cette épidémie.
Parmi ces personnes, des artistes. Parmi ces virus et ces maladies, le VIH/sida,
qui a causé l’épidémie la plus meurtrière du dernier siècle, et de celui-ci."

Nous vivons aujourd’hui en compagnie d’épidémies qui affectent chacun·e d’entre nous, humains et non-humains. Le livre d’Elisabeth Lebovici, "Ce que le sida m’a fait – Art et activisme à la fin du 20e siècle" qui inspire cette exposition, s’est efforcé de recoudre ensemble les fragments subjectifs de l’histoire de l’épidémie la plus meurtrière depuis le dernier siècle : des faits, des œuvres, des idées et des émotions qui lient le matériel à l’immatériel. Il questionne comment les pulsations du désir, du manque, de la colère, de la douleur, de la mémoire et de l’archive ont fait histoire. Comment elles ont permis de (re) composer des généalogies interrompues, de fédérer des communautés qui ont produit des formes et des structures, qui agissent encore aujourd’hui, parfois au-delà de leur objet initial. Comment elles ont anticipé certaines questions de genre, de classe et de race, ainsi que l’inconscient de ce qu’on appelle aujourd’hui le validisme, c’est-à-dire la construction d’une norme sur la "bonne santé".

Cette exposition prend un livre, en un sens, au pied de la lettre : ce que l’épidémie de sida fait aux artistes ; ce qu’elle fait aujourd’hui à une exposition. Ce qu’elle a changé dans les consciences, dans la société, dans la création. Le sida, non pas comme un sujet, mais comme grille de lecture pour reconsidérer un grand nombre de pratiques artistiques exposées à l’épidémie. La beauté vient comme recours face aux conséquences politiques et sociales des pandémies qui se superposent.

À l’opposé d’une commémoration, l’exposition brouille les temporalités, et porte un discours au présent, en demandant à des artistes d’interroger depuis aujourd’hui leur histoire et ce qui leur a été transmis du siècle passé.

En passant outre la supposée frontière entre activisme et pratique artistique, et en privilégiant au contraire les effets de l’art (sensibles, cathartiques, thérapeutiques, informatifs...), les artistes de cette exposition se rencontrent dans des manières de faire et de parler, d’inclure leurs affects et leurs affinités, qui sont autant de ressources pour imaginer de nouvelles articulations entre esthétique et émancipation.

Curateur de l’exposition
François Piron

Aristes
Les Ami·Es Du Patchwork Des Noms, The Bambanani Women Group, Bastille, Yann Beauvais, Black Audio Film Collective, Gregg Bordowitz, Jesse Darling, Moyra Davey, Guillaume Dustan, Fierce Pussy (Nancy Brooks Brody, Joy Episalla, Zoe Leonard, Carrie Yamaoka) & Jo-Ey Tang, Nan Goldin, Félix Gonzalez-Torres, Hervé Guibert, Barbara Hammer, Derek Jarman, Michel Journiac, Zoe Leonard, Audrey Liebot, Pascal Lièvre, Santu Mofokeng, Jean-Luc Moulène, Henrik Olesen, Bruno Pelassy, Benoît Pieron, Lili Reynaud-Dewar, Jimmy Robert, Regis Samba-Kounzi & Julien Devemy, Marion Scemama, Lionel Soukaz & Stéphane Gerard, Georges Tony Stoll, Philippe Thomas, David Wojnarowicz.

L'exposition se prolonge avec une publication en coédition avec Fonds Mercator et dès le 9 mars, Exposé·es est aussi au CND avec une exposition et un programme conçus en collaboration avec le Palais de Tokyo.

DOCUMENTATIONS
Informations pratiques

Palais de Tokyo
13 avenue du Président Wilson
75116 Paris

CONTACT

Pénélope Ponchelet