07 Juin 2024
03 Nov. 2024

LES PARADIS LATINS : ÉTOILES SUD-AMÉRICAINES

FONDATION BEMBERG - TOULOUSE

La Fondation présente une exposition temporaire intitulée Les Paradis latins : étoiles sud-américaines sous le commissariat d’Alexis Fabry. Les Paradis Latins embrassent plus d’un siècle de photographie latino-américaine, de 1910 à 2023, et deux cents images provenant d’Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Costa Rica, de Cuba, de l'Équateur, du Guatemala, du Mexique, du Pérou et du Venezuela, choisies dans la collection de Leticia et Stanislas Poniatowski.


Dans ces paradis latins se pressent autant de célébrités glamoureuses que de flamboyances anonymes, se mêlent vedettes de cinéma, starlettes, divas, travestis, transgenres et autres beautés tapageuses. À l’ombre de la violence d’État, les danseuses de tango, de samba, de salsa, entraînent dans leur sillage des femmes fatales lourdement maquillées. « La couleur – nous dit Marcos Lopez, l’auteur argentin du désormais célèbre Pop Latino –, agit comme une sorte de trompe-l’œil, le carnaval est indissociable de la tragédie.» À Lima, une reine de beauté expose son corps à la concupiscence du dernier vampire de la capitale, tandis qu’à Buenos Aires, une célébrité du cinéma pour adultes nargue les ardeurs masculines depuis son affiche, et qu’à Mexico, Nahui Olin peint sa bouche et ses yeux.


Partout sur le continent, ongles et lèvres sont rehaussées de carmin par les photo- graphes et leurs assistants, le plus souvent avec un soin maniaque. Mais certains artistes ont la main plus lourde, qui collectent des coupures de presse ou, ici ou là, glanent des photographies anonymes pour les inciser, les peindre, les froisser, les griffer, les brûler.


Ces expérimentations, particulièrement nombreuses en Amérique latine à partir des années 1970, donnent naissance à une photographie d’un nouveau type, une icono- graphie hybride qui s’affranchit des frontières la séparant des autres arts visuels. Ces paradis sont nourris de haute et de basse culture, empreints de raffinements et d’excès, inspirés par les avant-gardes savantes, par le poème ou le roman, autant que par la culture populaire, tour à tour spontanés ou programmés, emportés par le kitsch tropical, le roman-photo, la publicité, Hollywood, le tango et le boléro, le café-théâtre, le boulevard, la littérature à l’eau de rose, le soap opéra et, dans un « apparent état d’ébriété », par une forte pulsion joyeuse...

DOCUMENTATIONS
Informations pratiques
Hôtel d'Assézat
Place d'Assézat
31000 Toulouse 

Plus d'informations
DIRECTION
Commissaire :
Alexis Fabry
CONTACT
Pénélope Ponchelet
penelope@claudinecolin.com