Du 5 novembre 2026 au 21 mars 2027, Caumont-Centre d’Art consacre son exposition d’hiver à Henri Cartier- Bresson (1908-2004), l’un des plus importants photographes du XXe siècle. Surnommé « l’oeil du siècle », il a su, par l’acuité exceptionnelle de son regard, en capturer l’essence même. L’exposition se propose de suivre les pérégrinations européennes du photographe à travers plus d’une centaine de photographies, mêlant ses plus célèbres clichés à des images rarement, voire jamais, montrées.
Henri Cartier-Bresson était un Européen convaincu. Pendant près de 70 ans, depuis ses débuts dans les années 1930 jusqu’à la fin de sa vie, il n’a cessé de parcourir l’Europe. C’est à travers les personnes rencontrées lors de ses voyages, leurs regards, leurs gestes, leurs fêtes et leurs coutumes, qu’il dresse le portrait vibrant d’un territoire en pleine mutation. Les clichés qui en ressortent révèlent la singularité de chacun de ces peuples, tout en soulignant ce qui les lie profondément. Uniques et sincères, ils permettent d’alimenter l’imaginaire d’une Europe encore en cours de construction.
C’est après avoir étudié la peinture et fréquenté le groupe des surréalistes qu’Henri Cartier-Bresson se tourne vers la photographie, au début des années 1930, trouvant dans ce médium un outil idéal pour capter l’instant décisif. Il est fait prisonnier durant la Seconde Guerre mondiale, s’évade, entre en Résistance, puis cofonde en 1947 la coopérative Magnum Photos avec Robert Capa, George Rodger et David Seymour, destinée à garantir aux photographes un contrôle sur la diffusion de leurs images.
Témoin majeur des événements du XXe siècle, il immortalise les grands bouleversements politiques et sociaux de son temps. Il parcourt le monde et saisit dans l’objectif de son appareil photographique des épisodes charnières de l’histoire contemporaine tels que les derniers jours de Gandhi en Inde, la victoire des communistes chinois, la Russie du «dégel», ou encore les États-Unis des années 1960, où il porte une attention particulière à la lutte contre la ségrégation raciale. L’Europe demeure néanmoins son point d’ancrage. Il la sillonne, de l’après-guerre marqué par les ruines et les traumatismes, à la Guerre froide où se dessinent les prémices de l’Union européenne. Son objectif devient le témoin d’un continent en reconstruction.
