Manger une image… quelle étrange idée. À première vue, une image se contemple à distance ; elle se laisse observer sans être touchée, se contentant parfois d’être « mangée des yeux ». Et pourtant, depuis l’Antiquité égyptienne les images sont parfois avalées, englouties, léchées, grattées, dévorées ou bues. S’il existe mille et une façons de consommer une image – qu’elle soit comestible ou rendue comestible, que la pratique soit métaphorique ou réelle –, il y a tout autant de raisons de le faire.
L’exposition « Manger les images » retrace ainsi 6 000 ans d’une pratique oubliée et invite à redécouvrir ce désir en apparence incongru de prendre en soi les images, dans un parcours en trois sections explorant tour à tour les imaginaires de l’ingestion, les fonctions salvatrices des images et les pratiques communautaires associées à ce phénomène d’incorporation.
Peintures, sculptures en bois ou en pierre, gravures, estampes, photographies, films de fiction et ethnographiques, hosties, gaufres, gâteaux et pains figurés, mets sculptés, moules, amulettes... 435 œuvres ponctuent le parcours de l’exposition, dont 250 proviennent des collections du Mucem. L’exposition est réalisée avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France, qui accorde un prêt de 42 œuvres.
