30 Mai 2013
31 Déc. 2014

PRIMA MATERIA

Punta Della Dogana

A partir du 30 mai 2013, Punta della Dogana présentera l’exposition Prima Materia, dont François Pinault a confié le commissariat à Caroline Bourgeois et Michael Govan. Elle rassemblera près de 80 œuvres d’une trentaine d’artistes de la collection Pinault, des années 1960 à nos jours.

Prima Materia propose un dialogue entre d’importants ensembles historiques, comme le Mono-Ha et l’Arte Povera, ou monographiques - Llyn Foulkes, Mark Grotjahn et Marlene Dumas, des installations reconfigurées - Ryan Trecartin et Lizzie Fitch ou Diana Thater, des projets spécialement conçus et produits pour le lieu, comme ceux de Loris Gréaud, Philippe Parreno et Theaster Gates.

Plus de la moitié des artistes (et la quasi totalité des œuvres) seront présentés pour la première fois dansuneexpositiondelacollectionPinault,parmieux :
Adel Abdessemed, Robert Barry, Alighiero Boetti, James Lee Byars, Marlene Dumas, Ryan Trecartin et Lizzie Fitch, Lucio Fontana, Llyn Foulkes, Theaster Gates, Dominique Gonzalez Foerster, Loris Gréaud, Mark Grotjahn, David Hammons, Roni Horn, Kishio Suga, Koji Enokura, Lee Ufan, Sherrie Levine, Mario Merz, Bruce Nauman, Nobuo Sekine, Roman Opalka, Giulio Paolini, Philippe Parreno, Giuseppe Penone, Michelangelo Pistoletto, Bridget Riley, Thomas Schütte, Shusaku Arakawa, Susumu Koshimizu, Diana Thater.

Prima Materia, par Caroline Bourgeois et MichaelGovan :

“Les innovations artistiques de la fin des années 60 ont fait irruption sur fond d'images, crues et omniprésentes dans les médias, traitant de la guerre, de manifestations et de mouvements de protestation sociale. Nombre de ces œuvres s’exprimaient au travers de l'abstraction, parfois du vide. Cette époque a ouvert de nouvelles perspectives sur de grands sujets comme l'égalité sociale, l’état et l'avenir de l’environnement. Aujourd'hui, les sciences et la technologie rendent possible la connectivité sociale à l’échelle globale. Elles offrent constamment des images de toutes sortes, ainsi que la promesse de solutions technologiques permettant l’augmentation de l’espérance de vie ou le développement d’énergies renouvelables. Mais, l’atmosphère dans laquelle nous vivons, confrontés à des adversaires invisibles et abstraits comme le réchauffement de la planète ou le terrorisme technologique, n’en est pas moins source d’angoisse. Nous sommes constamment bombardés par une cacophonie d'images médiatiques et de sons.

Si le but de la majeure partie de l'art du XIXe siècle était la recherche de la vérité à travers la beauté et l'équilibre, l'art depuis la fin du XXe siècle tend à la coexistence des extrêmes : abstraction et surréalisme, vide et chaos, négation et spectacle, « high » et « low ». Sur le plan artistique, nous vivons une époque de pluralisme global. Les quatre éléments de base que sont la peinture, la sculpture, les installations et les performances sont tous soumis au processus alchimique de la « prima materia » – la matière première - des médias, c’est à dire non seulement la substance du film, de la vidéo ou de l'internet, mais aussi les moyens de sa dissémination et de sa mise en discussion à l'échelle globale.

Les textes médiévaux sur l'alchimie proposent des centaines de descriptions et de définitions différentes de la prima materia, qui distingue et englobe à la fois la terre, l'air, le feu et l'eau ; ou la base informe de toute matière, qui contient l'âme et le corps, le soleil et la lune ; l’amour et la lumière, l'imagination et la conscience ; ou bien encore l'urine, le sang, la boue. On la recherchait à l’époque dans la terre la plus noire des forêts et à l’intérieur du corps. Elle est le chaos primal qui existe avant le temps et avant toute possibilité de futur. D’un point de vue oriental, c'est le Tao de Lao Tseu, ou bien c’est peut-être, dans les sciences occidentales, la matière noire qui compose la plus grande partie de notre univers. Les définitions de ce medium qui contient tous les autres éléments varient selon les perspectives culturelles et l'identité personnelle. Parfois représentée par le cercle formé du serpent qui se mord la queue, la prima materia, essence, tout et rien, partout et nulle part, prend de nombreuses formes.”

L’exposition Prima Materia sera accompagnée d’un catalogue, publié par Electa, comprenant des contributions et des entretiens inédits avec les artistes de l’exposition, réalisés entre autres par Caroline Bourgeois, Germano Celant, Erich Franz, Madeleine Gins, Michael Govan, Jarrett Gregory, Fabrice Hergott, Philippe Alain Michaud, Hans-Ulrich Obrist, Adrian Searle, Franklin Sirmans, Ali Subotnick, Jochen Volz.

A l’occasion de l’exposition Prima Materia, Punta della Dogana inaugure un nouveau cycle de commandes spécifiques pour « le Cube », espace central de l’édifice qui est également son cœur symbolique. Chaque année, un artiste sera invité à concevoir un projet spécifique pour ce lieu. Pour la première édition de ce programme, Punta della Dogana accueille l’artiste chinois Zeng Fanzhi.

Parallèlement à l’exposition, le Teatrino de Palazzo Grassi, nouvel auditorium de 225 places restauré par Tadao Ando présentera un programme de films d’artistes de la collection Pinault, avec des œuvres de Philippe Parreno, Loris Gréaud et Anri Sala.

Enfin, l’exposition Rudolf Stingel, conçue par l’artiste en collaboration avec Elena Geuna, sera également ouverte au public à Palazzo Grassi du 7 avril au 31 décembre 2013.


Punta della Dogana
Sherrie Levine, Crystal Skull
Llyn Foulkes The Rape of the Angels
Lee Ufan Work
Suga Kishio Tokantai (In the State of Equal Dimension)
Marlene Dumas Forsaken
DOCUMENTATIONS
Informations pratiques

Punta della Dogana
Dorsoduro, 2
30123 Venise
Vaporetto : Salute (ligne 1)

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 19h. Fermeture des billetteries à 18h.

www.palazzograssi.it

CONTACT

Laure Jardry / laure@claudinecolin.com